Ode para ansiar a chegada da primavera (7) – Jean Ristat

Camarada você não é o cristo em cruz
Expulsamos os padres abandone a farda
Emprestada a velha língua e a ordem de sua
Sintaxe varra à rua os fantasmas do mundo
Antigo que já batem à porta do teu sono
Camarada não ponha em cárcere o amor


Ode pour hâter la venue du printemps – 7

Camarade tu n’est pas le christ en croix nous
Avons chassé les prêtres quitte ton habit
Emprunté la vielle langue et l’ordre de sa
Syntaxe balaie les fantômes de l’ancien
Monde qui frappent à la porte de ton sommeil
Camarade ne mets pas l’amour en prison


traduzido por Marília Moschkovich de RISTAT, Jean. Ode pour hâter la venue du printemps. Paris, Gallimard, 2008, p.50.

 

Canção da torre mais alta, de Arthur Rimbaud

Canção da torre mais alta, de Arthur Rimbaud

eiffelCanção da torre mais alta
Tradução: Fernando J. Germano Esteves 

Juventude lesa
P’ra sempre cativa
Por delicadeza
Perdi minha vida.
Que venham as estações
Que abrasam os corações.

Disse a mim mesmo: vai,
Que ninguém te veja,
Nem espere mais
O que tanto desejas.
Não te impeça o jugo,
sublime refúgio.

Tanta paciência,
P’ra sempre vou lembrar,
dor e penitência
se desfazem no ar,
e a má sede que anseia
me escurece as veias.

Como o campo,
Findo o cuidado,
Florido e ancho
D’incenso e relvado,
Abandonado à bulha
De cem moscas imundas.

Ah! Tudo é agrura
Da pobre alma que ora
E tem só a figura
De Nossa Senhora.
Quem ainda oraria
À Virgem Maria?

Juventude lesa
P’ra sempre cativa
Por delicadeza
Perdi minha vida.
Que venham as estações
Que abrasam os corações.

Chanson de la plus haute tour
Arthur Rimbaud

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu’on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t’arrête,
Auguste retraite.

J’ai tant fait patience
Qu’à jamais j’oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l’oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D’encens et d’ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n’a que l’image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l’on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent !

O eterno, de Arthur Rimbaud

rimbaud

O eterno
Tradução: Fernando J. Germano Esteves

Reencontrei enfim!
quê? o eterno…é assim:
o mar sem fim
ao sol!

Minh’alma eterna
mantém o foco
seja dia em fogo
ou noite sem sono.

Assim te afastas
de bestas falazes,
do sonho do povo…
e voas de novo!

Sem esperança
nem redenção,
sabe e não fala:
todos sofrerão.

Amanhã é o fim,
cinzas de cetim:
Que seja feita
vossa vontade.

Reencontrei enfim!
quê? o eterno…é assim:
o mar sem fim
ao sol!

L’Éternité
Arthur Rimbaud

Elle est retrouvée.
Quoi ? — L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil

Âme sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? — L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Marcenaria, Tuberculose, Meu Pushkin, de Nathalie Quintane

Menuiserie

 

Alors petit tu t’ennuies ponce perdue au clou la scie

ponce dans le niveau la bulle ponce c’est une planche

c’est une ponce porte un meuble de la poussière ponce

encore ponce poussière attention là la scie ponce sur

la brouette le chat ponce dans le copeaux ponce

machine  ponce descente de disque à ras du pin chine

machine ongle noir du pouce ponce œil au ras de la

planche ponce tuyau chaîne à la ponceuse poussière

che veux mise à carreaux se poussent espadrilles

geste du jambe la emportée au plafond par sa chaîne

coup de rabot se relève aspire: cigare, éteint cigare.

 

Marcenaria

 

Então pequeno você se entedia pedra-pomes perdida

ao prego a serra pedra dentro do nível a bolha pedra

é uma prancha é uma pedra porta um móvel da poeira

pedra ainda pedra poeira atenção aí a serra pedra sobre

o carrinho de mão o gato pedra nas raspas pedra

máquina pedra descida do disco raso do pinho quina

máquina unha negra do polegar pedra olho no raso da

prancha pedra tubo corrente para a polidora poeira

ca(belos)misa postos em quadrados avançam espadrilles

gesto da perna o levado ao teto por sua corrente

lance de plaina se levanta, aspira: charuto, apaga charuto.

 

Tuberculose

 

Voilà les enfants vous vous ennuyez voilà tousse ce

que vous allez faire on peut faire tousse faire une

course une tousse une course aux escargots, feuille

de salade tous en ligne ou descendre au ré picard en

bas de la rivière ton oncle y pêche tousser tousser ou

faire des bulles de savon palmolive une paille un peu

de liquide toux sèche, souffle, on peut sortir la bro-

derie de fil rouge le vert le fil toux bleu point de croix

tricot toux début d’un pull, il faut apprendre à monter

les mailles tousse ou m’aider à faire la tarte tousse

tarte aux mûres en conséquence aller chercher des

mûres allez pour les mûres et prenez des bottes contre

la pluie un pull toux un sac ou, réparer ton collier.

 

Tuberculose

 

Eis lá as crianças que lhe entediam eis a tosse essa

que você vai fazer se pode fazer tosse fazer uma

corrida uma tosse uma corrida de caramujos, folha

de salada tudo alinhado ou descer escorregando em-

baixo do rio seu tio aí pesca tossir tossir ou

fazer bolhas de sabão palmolive um canudo um pouco

de líquido tosse seca, respira, pode-se sair do bor-

dado de fio vermelho o verde o fio tosse azul ponto-cruz

tricô tosse começo de um pulôver, é preciso aprender a montar

as malhas tosse ou me ajudar a fazer a torta tosse

torta de amoras em consequência ir buscar as

amoras vá atrás das amoras e pegue as botas por causa

da chuva um pulôver tosse uma bolsa ou, ajustar seu colarinho.

 

Mon Pouchkine

 

Un idiot neutre n’est pas toujours un artiste

pensa-t-il, en glissant une fois de plus de son siège

(Pouchkine lui-même avait du mal à se tenir sur une chaise*)

 

Oui, faisons des propositions ! dit-il

la nuque encore rouge. Elle avait tapé contre le

samovar.

– Mais la proposition en tant que ligne

strictement délimitée, est un vers, dit un ami

en se grattant. Et son bonnet se déplaçait.

 

Décidément quel désastre ! encore un jour

sans une idée (a day = an ideia) Et quelle poésie,

mais quelle poésie, pour 1835?

Là-dessus, Pouchkine remit ses caoutchoucs

(la neige tombait)

 

*selon Kharms.

 

Meu Pushkin

 

Um idiota neutro não é sempre um artista.

pensou ele, escorregando uma vez mais de sua cadeira

(Pouchkine, ele mesmo, sentia dor de se manter sobre um divã*)

 

Sim, façamos proposições! diz ele

A nuca ainda vermelha. Ela tinha batido no

samovar.

– Mas a proposição como linha

estritamente delimitada, é um verso, diz um amigo

se coçando. E sua boina se deslocava.

 

Decididamente, que desastre! mais um dia

sem uma ideia (a day = an ideia) E qual poesia,

mas qual poesia, para 1835?

Lá acima, Pouchkine colocou suas galochas

(a neve caia)

 

*segundo Kharms.

falar ao outro, de christophe tarkos

Parler à l’autre

 L’histoire est là, aussi : chaque texte est un fragment, un indice qui permet petit à petit de reconstituer une vie. À mesure qu’ils sont dits, une histoire se dessine. Mais cette parole finit elle aussi par s’échapper…

Comme si l’homme qui parle n’en était pas conscient : c’est presque malgré lui que sa parole, cocasse, naïve, obsédante, sort de sa bouche et tresse son histoire délirante. Lui, il ne fait qu’observer, interroger le monde.

Et s’adresser au public. Sans cesse. Comme si c’était vital. Sans le public, il tombe, il meurt. Comme une marionnette, comme un clown. Alors, sans quitter leur siège, les spectateurs deviennent les partenaires principaux du jeu. Investis d’un rôle : l’ami, le confident, le meurtrier, l’amant… ils deviennent acteurs d’une relation qui les touche, responsables d’une vie qui se déploie sous leurs yeux. 

Falar ao outro

A história está aqui, também: cada texto é um fragmento, um índice que permite pouco à pouco reconstituir uma vida. À medida que eles são ditos, uma história se desenha. Mas essa palavra finita ela também pode se esvair…

Como se o homem que fala não estivesse consciente: é mais desobedecê-lo que sua palavra, coquete, tola, obsessiva, saí da sua boca e trança sua história delirante. Ele não faz mais que observar, interrogar o mundo.

Ele se endereça ao público. Sem parar. Como se fosse vital. Sem o público, ele tomba, morre. Como uma marionete, um palhaço. Então, sem sair de sua cadeira, os espectadores tornam-se os participantes principais dessa peça. Investidos de um papel: o amigo, o  confidente, o mortuário, o amante… eles se tornam atores d’uma relação que os toca, responsáveis por uma vida que se passa diante de seus olhos.

Dia de festa, de Jacques Prévert

Jour de fête, Jacques Prévert

Oú vas-tu mon enfant avec ces fleurs
Sous la pluie

Il pleut il mouille
Aujourd’hui c’est la fête à la grenouille
Et la grenouille
C’est mon amie

Voyons
On ne souhaite pas la fête à une bête
Sourtout à un batracien
Décidément si nous n’y mettons bom ordre
Cet enfant deviendra un vaurien
Et il nous em fera voir
De toutes les couleurs
L’arc-en-ciel le fait bien
Et personne ne lui dit rien
Cet enfant n’en fait qu’à sa tête
Nous voulons qu’il em fasse à la notre

Oh mon père!
Oh ma mère!
Oh grand oncle Sébastien!

Ce n’est pas avec ma tête
Que j’entends mon coeur qui bat
Aujourd’hui c’est jour de fête
Pourquoi ne comprenez-vous pas
Oh! ne me touchez pas l’épaule
Ne m’attrapez pas par le bras
Souvent la grenouille m’a fait rire
Et chaque soir elle chante pour moi
Mais voilá qu’ils ferment la porte
Et s’approchent doucement de moi
Je leur crie que c’est jour de fête
Mais leur tête me désigne du doit.

Dia de festa, tradução por Stella Z. Paterniani

Onde você vai, meu filho, com essas flores?
Chove ainda!

Chove, mamã
Mas hoje é a festa da rã
E a rã
É minha linda

Ah, me poupe,
Que nojeira! Bicho
Não aniversareia
Olhem que pr’esse menino não virar malandro
Vamos botá-lo no eixo!
Antes que ele mire e veja
O arco-íris no céu
A essas coisas nem ninguém tira o chapéu
Esse menino só faz o que dá na telha
Tem mais é que ganhar um bom puxão de orelha

Ô, painho,
Ô, mainha,
Ô, titia Geraldina!

Puxão de orelha não presta
Pra mudar meu coração
Hoje é dia de festa
Vocês não entendem, não?
Não me sacudam os ombros
Nem me puxem pela mão
A rã é sempre engraçada
E eles vão fechando a porta
À tarde, a rã me faz seresta
E vêm como quem conforta
Eu grito que é dia de festa
Mas pra ninguém ali isso importa.

L’école des beaux-arts, de Jacques Prévert

Dans une boîte de paille tressée
Le père choisit une petite boule de papier
Et il la jette
Dans la cuvette
Devant ses enfants intrigués
Surgit alors
Multicolore
La grande fleur japonaise
Le nénuphar instantané
Et les enfants se taisent
Émerveillés
Jamais plus tard dans leur souvenir
Cette fleur ne pourra se faner
Cette fleur subite
Faite pour eux
À la minute
Devant eux.

 

(outra) Escola de belas-artes, livre tradução por Stella Paterniani

usando de cesta o chapéu,
o pai pega uma bolinha de papel
e (não é nem por magia)
a faz mergulhar na bacia
e as crianças desconfiam
surge destemida
multicolorida
a grande flor japonesa
o nenúfar que admiram
por sua instantânea beleza
e silenciam
nunca, nunca, na memória
essa flor há de murchar
essa lírica água-flor
feita para eles
num minuto de cor
diante deles.